Les plus-values réalisées lors des cessions à titre onéreux sont en principe taxables.
Quelles sont les personnes imposables ?
Les plus-values réalisées lors de la cession d’immeubles, de droits portant sur ces immeubles, de parts de sociétés à prépondérance immobilière sont soumises au régime d’imposition des plus-values des particuliers lorsqu’elles sont réalisées à titre occasionnel par des personnes physiques ou par certaines sociétés.
La cession d’un immeuble par un retraité ou un invalide, disposant de ressources modestes (plafonds réglementés), n’est pas soumise à l’impôt sur la plus-value.
Un mode particulier d’imposition est prévu pour les contribuables non domiciliés fiscalement en France.
Quelles sont les opérations imposables ?
Seules sont imposables les plus-values réalisées lors d’une cession à titre onéreux.
Quels sont les biens imposables ?
* les immeubles (bâtis ou non bâtis) ou les droits relatifs à des immeubles (usufruit, nue-propriété, servitudes, etc.) ;
* les parts de sociétés à prépondérance immobilière (sociétés dont l’actif est, à la clôture des trois exercices qui précèdent la cession, constitué pour plus de 50 % de sa valeur réelle par des immeubles non affectés à leur propre exploitation).
Quels sont les biens exonérés ?
* les immeubles constituant l’habitation principale du cédant au jour de la cession ainsi que leurs dépendances immédiates et nécessaires ;
* les immeubles pour lesquels une déclaration d’utilité publique a été prononcée en vue d’une expropriation lorsque la condition de remploi est satisfaite ;
* les immeubles échangés dans le cadre d’opérations de remembrements ou assimilées ;
* les immeubles dont le prix de cession est inférieur ou égal à 15 000 € ;
* les immeubles détenus depuis plus de 15 ans ;
* une exonération particulière est prévue en faveur de certains contribuables non-résidents ;
* sous certaines conditions, les titres de sociétés à prépondérance immobilière qui mettent, en droit ou en fait, gratuitement un logement à la disposition de l’associé cédant qui l’occupe à titre d’habitation principale ;
*
les titres de sociétés à prépondérance immobilière détenus depuis plus de 15 ans.
Comment est calculée la plus-value ?
* Détermination de la plus-value brute :
La plus-value brute est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition.
- Prix de cession :
Le prix de cession à retenir est le prix réel tel qu’il est stipulé dans l’acte.
Il est majoré de certaines charges et indemnités : exemple : indemnités d’éviction versées au locataire par l’acquéreur pour le compte du vendeur ;
Il est réduit sur justificatif du montant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée et des frais, définis par décret, supportés par le vendeur (exemples : commission versée à un intermédiaire, frais de diagnostics amiante et plomb) ;
- Prix d’acquisition :
Le prix d’acquisition à retenir est le prix effectivement payé par le vendeur, tel qu’il a été stipulé dans l’acte.
Il est majoré d’un certain nombre de frais et dépenses divers limitativement énumérés :
. frais afférents à l'acquisition à titre gratuit y compris les droits de mutation à titre gratuit ;
. frais afférents à l’acquisition à titre onéreux retenus :
. soit pour leur montant réel sur justification,
. soit forfaitairement pour les immeubles à 7,5 % du prix d’acquisition ;
. dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement, ou d'amélioration retenues :
. soit, sous certaines conditions, pour leur montant réel,
. soit forfaitairement à 15 % du prix d’acquisition, à la condition que le contribuable cède le logement plus de cinq ans après son acquisition et qu'il s'agisse d'un immeuble bâti ;
. frais de voirie, réseaux et distribution.
* Calcul de la plus-value imposable
- Abattement pour durée de détention :
La plus-value brute est réduite d’un abattement de 10 % pour chaque année de détention au-delà de la cinquième.
- Moins-value :
La moins-value brute n’est en principe pas prise en compte sauf, sous certaines conditions, en cas de vente d’un immeuble acquis par fractions successives.
- Abattement fixe :
Un abattement fixe de 1 000 € est appliqué sur la plus-value brute, corrigée le cas échéant de l’abattement pour durée de détention et des moins-values imputables.
Quels sont les impôts et prélèvements sociaux dus ?
Le contribuable qui cède un immeuble est imposable :
* à l’impôt sur le revenu afférent à la plus-value au taux proportionnel de 16 % ;
* aux prélèvements sociaux, soit au 1er janvier 2005, un taux global de 11%.
D'où un taux réel d'imposition de 27 %.
Quelles sont les obligations déclaratives et de paiement ?
L’impôt sur le revenu afférent à la plus-value réalisée est déclaré et payé :
* à la conservation des hypothèques lors de la cession d’un immeuble ou de droits relatifs à un immeuble ;
le notaire effectue, pour le compte du vendeur, la déclaration ainsi que le versement de l'impôt à payer, qui est prélevé sur le prix de vente ;
* à la recette des impôts lors de la cession de titres de sociétés à prépondérance immobilière.